
Philippe G. et Armelle B., parents de Capucine
Capucine a 7 ans.
C’est un enfant polyhandicapé psychomoteur, qui souffre notamment de trouble de la déglutition. En septembre 2003, elle a fait une chute. Elle a perdu alors une incisive de la mâchoire supérieure. Capucine avait la bouche en sang. Nous avons emmené Capucine dans un hôpital dans la région de Saint-Etienne.
L’accueil, toujours important pour les patients comme pour les parents n’a pas été très agréable. On lui a fait passer plusieurs radiographies des dents qui n’ont pas permis soi-disant de savoir si la dent avait été avalée, recrachée ou remontée à l’intérieur de la gencive. Cette dernière hypothèse nous semblait la plus probable. Les faits nous ont donné raison.
Elle a très vite eu une “grosseur” dans la gencive. L’examen dentaire montrait par ailleurs que Capucine avait un grand nombre de dents cariées. Nous avons dû nous rendre par la suite à divers rendez-vous qui n’ont abouti à rien de concret pour le soin de ses dents. Nous avons entendu dire que lorsque Capucine aurait mal aux dents, alors il serait envisagé une anesthésie générale pour lui arracher la quasi totalité des dents; il n’était pas nécessaire de soigner des dents de lait cariées. Nous n’étions pas d’accord avec les préconisations du docteur. Il nous semblait contradictoire de vouloir lui arracher la quasi totalité des dents alors même que Capucine suivait une rééducation de la déglutition et de la mastication. Et d’autre part l’absence de dents pouvait être préjudiciable pour sa dentition définitive. Nous avons alors cherché d’autres dentistes, ceux que nous avons rencontrés ont avoué leur incapacité.
A l’automne 2004, Capucine a commencé à souffrir très vivement des dents. Nous avons cherché des dentistes ou stomatologues capables de la soulager, sans succès, tous nous renvoyant sur l’hôpital.
Nous sommes abonnés à la revue Déclic. Dans l’un des numéros paraissant à cette époque nous avons eu les coordonnées de l’Hôpital du Vinatier situé à Lyon, dans lequel il existait un service d’odontologie qui soignait notamment les enfants handicapés. Nous avons alors pris rendez-vous. Nous avons été surpris de l’accueil agréable qui nous a été réservé et de la gentillesse de l’équipe soignante. Dès le premier rendez-vous, nous avons su que quelque chose pouvait être fait pour soigner Capucine. L’équipe était très étonnée de ce qu’on ait pu laisser Capucine dans cet état sans que rien ne soit fait. Cela dit, l’équipe avait eu la connaissance de cas similaires.
Ce même jour, on lui a enlevé la dent restée dans la gencive ainsi qu’une autre dent qui la faisait souffrir sous anesthésie locale. Depuis, nous nous rendons régulièrement à l’Hôpital du Vinatier. Capucine va à ses rendez-vous sans beaucoup d’appréhension. Nous sommes ravis de l’accueil, de l’humanité, du professionnalisme de l’équipe. Pour nous, ce service d’orthodontie constitue une référence en matière de santé publique.
Nous remercions chaleureusement toute l’équipe et formons le vœu que davantage de parents et d’enfants puissent avoir accès à ce service.